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Les impressions des artistes par rapport aux oeuvres et à leurs participations au concours Mémoire de racines
Vous pouvez trouver ces témoignages sur les pages correspondants à chaque participant.
1. Nikolas Polowski et Jean Baptiste Boiteux : A travers "mémoire de racines", nous avons voulu répondre à cette question : comment tombe un arbre sous la pression de vents violents? Cette fameuse nuit d'hiver 1999, cloîtrés respectivement chez nous, à l'abri, nous n'avons rien vu de cette tempête qui nous réunit tous aujourd'hui dans le cadre de ce concours. Nous nous sommes efforcés d'imaginer un arbre lors de sa chute. Est née de cette réflexion cette pièce que nous sommes fier de présenter à travers cette aventure coordonnée par Dan Sprinceana d'une main de maître. Cette construction, sorte d'instantané photographique en volume, a pu voir le jour grâce à la collaboration et le soutient de trois sociétés que nous remercions chaleureusement : Gattegno S.A., Mégaron, IDFmétal et EGM. Ces partenaires ont mis à la disposition de ce projet leur savoir faire et leur professionnalisme sous la forme de pièces, d'espace de travail, de matières premières, sans quoi la pièce n'aurait pas remplie les conditions qu'elle exigeait tant au niveau de la sécurité que de l'esthétisme ou même de sa résistance au temps. Nous avons choisi de faire référence à plusieurs civilisations qui ont en commun d'utiliser l'arbre comme symbole du lien entre le ciel et la terre. Un arbre fait de racines, d'un tronc, de branches, de feuilles, de fruits devient ici une jonction entre ces deux points immobiles. Néanmoins, cette dernière garde les caractéristiques principales d'un arbre : verticalité, flexibilité, souplesse. On peut observer une certaine résistance de sa part comme en témoignent les quelques cordes tendues reliant encore la souche au sol, telles des racines restées encrées dans la terre. Le vent a soufflé, soufflé si fort qu'avant de rompre ce lien, il l'a dénudé de son écorce laissant apparaître ce réseau de cordes rose rouges rappelant à la fois les nervures d'un arbre et les fibres musculaires d'un être vivant à sang chaud se rétractant comme lors d'une déchirure. Et tel un élastique trop tendu qui casse le lien s'est scindé en deux et nous sommes témoins de la partie inférieure s'écroulant au sol. Pour finir, cette aventure, nous l'avons vécu avec beaucoup d'intensité nous permettant tous les trois de rêver ensemble. Et rien n'a été plus agréable pour nous que de voir l'engouement qu'a suscité notre projet auprès de ces industriels qui nous ont soutenu. Plus qu'une aventure artistique ce fut une merveilleuse aventure humaine. 2. Guillaume DUI NGUON, Une légère brise emporte les bruits, les rires, les trop rares engueulades... L' odeur de la terre mouillée et de la sciure flotte encore autour de ce qui a pu devenir... Et même si tous les autres possibles se sont envolés, il reste surtout le souvenir inégalable d' un atelier ou chacun a pu mener sa barque en "terrain neutre", loin des écoles qui sont trop souvent le champ rétréci des batailles de chapelles et des mesquines petites luttes d' influence.Un îlot privilégié où, sans "maître", il n' y a que des aventures ! 3. Emmanuel GASC, pas encore reçus 4. Sara FAVRIAU, Marine CLASS, Julie CHABIN : Le projet « mémoire de racines » nous a permis de travailler en équipe, ce qui est une expérience instructive. Partager le désir de s’exprimer sur un matériau qui a son histoire, a son originalité et ses contraintes. La souche est un volume que nous avons considéré comme une architecture. C’est pourquoi le tissage comme le parallélépipède vont venir compléter et équilibrer la richesse de ce complexe végétal. C’est un espace où les situations s’organisent. Nous avons recherché l’équilibre par la tension ; le choix d’une géométrie basique, un cube, s’oppose aux racines qui ont une direction circulaire et tortueuse. La structure métallique propose un lien entre ces deux éléments. Nous avons rencontré des difficultés techniques quant aux dimensions imposées par la souche. Nous désirions travailler la cire ; mais dans l’impossibilité de l’utiliser, nous nous sommes tournées vers la résine, évidemment plus résistante et adéquate. Ce qui ne fut qu’un choix au départ s’avère être indispensable. D’aspect massif le cube n’a en fait qu’une très fine parois de trois millimètre. Nous retrouvons là la fragilité de la cire. Nous sommes dans la dualité de la création de l’homme par la géométrie pure, et de celle de la nature qui offre l’harmonie de formes, pliées aux règles d’autres lois de la physique. Par cela, nous tentons de « révéler » l’histoire de la souche par la métaphore de la cristallisation. Les racines sont comme figées dans un bloc de glace. Le temps s’arrête et l’histoire se crée autour d’un bloc lumineux et translucide. L’histoire devient un geste, un acte et nous tentons de la reconstituée. C’est un jeu de miroir, les cinq facettes du cube influent les unes par rapport aux autres et le révèle. Le tissage métallique capte la lumière et nous la renvoie. Ce sont des rayons où elle se déplace. Ils constituent un réseau de facettes cristallines. La lumière offre d’autres volumes, ceux du vide. Notre volonté est de se soustraire à la souche, ni plus ni moins. 5. Frédéric MALETTE Mémoire de Racines…. Que vous dire …. ? Mais tout plein de choses…même si tout cela est un peu en désordre dans ma tête. Deux semaines. Saint-Cloud….oui, tout d’abord le village de Saint-Cloud. Vous avez déjà mis les pieds sur cette colline ? La vendeuse de tabac n’a jamais de cigarettes dans son magasin et est de plus assez nerveuse. Vous allez donc demander une cigarette aux clodos de la place public, qui fument des malbos en regardant téléachat sur leur télé portative. Pour trinquer avec eux, vous rentrez dans le Franprix en face, pour acheter une bouteille de pastis hautement surveillée et encadrée par le service de sécurité. Vous écoutez à la caisse des personnes âgées et aisées dire à un petit black de 6 ans de ne pas parler petit nègre. Puis vous sortez. Les clodos vous ont oubliés… Vous retournez chez vous. En passant, vous passez à l’église pour prendre des prie dieux et des tentures jetés par la paroisse. Avec ces vieilleries, vous faites une superbes installation dans votre appart 5 pièces, vu sur tout les monuments de Paris. Les murs blancs du logis, vous invitent à les décorer de vos envies plastiques avec votre bouteille de pastis. Puis vous allez vous coucher dans une des 3 chambres que vous aurez choisies pour sa couleur. Huit heures. Debout. Neuf heures. Direction le parc de Saint-Cloud. C’est là, ou tonton Dan vous attend. Mais d’ailleurs qui est tonton Dan… ? Un sacré personnage qui a vu et fais tout plein de choses dans sa vie : il a chassé les ours en Roumanie, vu le président Carter aux U.S.A. et autres encore…..C’est un homme grisonnant qui aime les énormes barbecue et le bon rosé, c’est un bon vivant. Il sait ce qu’il veut et est déterminé et puis il veut partager son savoir avec la nouvelle génération de plasticiens. Vous l’écoutez donc. Le bois, les tronçonneuses, l’air comprimé, les fraiseuses, la colle, le vernis, c’est son domaine. Il vous suit constamment sur votre projet, il vous aide à le mettre en place et vous donne des conseils…mais n’hésitez pas à lui dire non, car parfois, il faut dire non pour le respect de ses idées. Un vrai tonton, mais un tonton jamais seul. Vous faites la connaissance de Hermès, son fidèle compagnon : une sorte de chien de berger qui est monté sur pile dès qu’il entend une tronçonneuse. 19 heures. La vendeuse de tabac n’a toujours pas de cigarettes. Merci à tonton Dan, Hermès, Mr Bonnevialle, Olwen et Seb 6. Olwen GAUCHER, Tous les bienfaits de St Cloud priez pour nous et pour nos racines... Le bois de l'archevêché est bien piqué, les tentures armoirées dans le bénitié. Le chemin bucolique du matin auprès des serres, remet actuel l'enseignement biblique des jeunes pucelles dans l'herbes, sous des hètres-soeurs bienveillants. Bref, un quartier bien clouté, des résidents aux idées enfoncées mais une forêt emboisée et merveilleuse, gardée par un cèdre des Carpates et son chien d'écume. Au plaisir de ce séjour arrosé! 7. Sébastien LOPEZ, J'ai été agréablement surpris, malgré mes appréhensions de départ. En effet n'ayant jamais utilisé le bois dans mes travaux, je pensais être complètement dépassé par une souche de 800kilos. Mon projet initiale consistait à utiliser ma souche comme décor à un monde de lilliputien, ajouter des petits personnages en bois, des camions jouet et retraçant les scènes de chantiers qui ont pu se dérouler dans le parc après la tempête. Puis à force de tourner autour, à force de la regarder, à force de la caresser, j'ai décidé d'utiliser la forme initiale de la souche pour en faire une analogie du vent. L'idée était d'utiliser ma souche qui a une forme très aérienne, une forme de gouvernail d'avion pour suggérer le vent. J'ai ainsi décidé de la trouer méthodiquement pour obtenir un motif en mouvement. Chaque matin durant les 15 jours de résidence, je me suis lever pour effectuer le même rituel, poncer, trouer jusqu'a obtenir la douceur sensuelle du toucher et le mouvement rétinien... 8. Sibel DIKER, Mathilde CAMEIRAO, Salut Dan, Bravo à toi et merci pour cette belle expérience. Sibel. Cinq portiques en bois de 2 m sur 1m80, racines d’arbres de diverses essences suspendues à des cordes en chanvre, en contrepoids de chaque racine un ballon de baudruche translucide. Longueur totale de l’installation : 10m. A l’origine nous voulions tenter une réconciliation entre les arbres et le vent, dans ce conflit entre une énergie mobile et un élément fixe et vertical. Il y avait aussi cette volonté de dévoiler ce qui est caché d’habitude, ce qui est souterrain dans l’arbre, ce qui est imprévu, invisible : les racines. Le choix de travailler uniquement avec les souches, était le moyen de remettre de l’ordre sur ce qui n’en avait plus. La souche, une fois dégagée de la terre, prenait enfin forme, elle se dessinait. Nous voulions alléger cette masse dense de bois, alourdie encore par la gangue de terre qui la dissimulait, la rendre légère au-delà du vraisemblable, contre la gravité elle-même. Créer un équilibre factice, impossible, et néanmoins bien visible. Ces racines sont donc devenues aériennes, n’enracinant plus rien, pesant autant qu’un ballon, autant qu’un souffle. Cette sculpture est le moyen de réintégrer l’air à l’arbre. Nous avons conçu ce projet sans avoir l’expérience du travail sur bois, en tâtonnant donc quant aux questions d’assemblage et de solidité des portiques. Finalement la réalisation finale se trouve très proche de l’idée de départ, avec un minimum d’adaptation pour les contraintes techniques liées au site d’exposition. Malgré notre désir de créer une installation « contre les lois de l’équilibre », ou peut-être d’ailleurs surtout à cause de cela, il nous a fallu trouver des astuces et des moyens les plus invisibles possibles pour que les portiques soient stables d’abord individuellement puis ensuite avec le déséquilibre racines/ballons. Cela nous a conduit à explorer les techniques de menuiserie, ce qui était une découverte par rapport à nos pratiques artistiques habituelles. Nous nous sommes donc confrontées à des matériaux durs et pesants, qui nous demandaient un investissement physique important, et qui résistaient parfois à nos efforts de les mettre en forme. La sculpture, une fois finie (et montée dans notre cas), nous a donné le sentiment que l’ « arbre » avait été débarrassé de tout son poids et redessiné autrement. L’alignement des ballons donnait l’impression de flottement. La répétition de la forme (ronde et à différentes hauteurs) donnait un rythme visuel à la sculpture. Face aux portiques, la perspective accentuait l’idée de plein et de vide. Cette installation demande plusieurs points de vues : elle n’est pas évidente à observer. Toute sculpture étant d’abord une question d’équilibre et de poids, il nous semblait intéressant de mettre cette question élémentaire au cœur de notre proposition, d’en faire un des aspects visibles du travail artistique au même titre que l’aspect symbolique du projet. 9. Magali POUTOUX : Rencontre, échange, convivialité, diversité, sculpture, bois, travail, entraide, écoute, enrichissement, confrontation physique, nouveauté, réussite, fabuleux, formidable, riche, important. 10. Nora HILTON, Travailler à Saint-Cloud sur le projet mémoire de racines fut une expérience vraiment enrichissante autant sur le plan humain qu'artistique. Je ne vais pas détailler plus, ce qu'on écrit paraît souvent plus fade que ce qu'on a ressenti. Je voudrait seulement remercier les étudiants des différentes écoles, nous avons travaillé ensembles dans une ambiance détendue et chaleureuse, l'équipe des jardiniers du parc pour leur aide et l' intérêt qu'ils ont porté a nos réalisations et surtout Dan Sprinceana sans qui cette aventure n'aurait pas pu voir le jour. 11. Chloé DULOQUIN, Avant de débuter l'aventure, j'étais préoccupé par les nombreux problèmes qu'allaient me poser mon projet. Une fois au parc, avec l'aide généreuse de Dan, mes craintes se sont peu à peu dissipé pour laisser place à une liberté créative. J'ai été enchanté de partager mon expérience avec celle d'autres jeunes sculpteurs au milieu du gargantuesque barbecue quotidien. Et ces quelques semaines passés au parc de Saint Cloud ont été des plus agréable et des plus enrichissante. 12. Eric KLATT, Comme on a pas trop eut le temps de se parler à la remise des prix je t'envoie ce petit message pour te remercier encore une foi pour l'aventure du concours et te féliciter particulièrement pour la façon dont a été organisée la remise des prix: le champagne était très bon et les sculptures vraiment bien mise en valeur. A la prochaine, amitié Gauthier 13. Benjamin Laurent AMAN, Dans les bois de l’un des quartiers les plus chics des alentours de Paris, Dan nous accueille, avec son quotidien, son nescafé, son Hermès (le chien, pas le foulard), sa « terrasse », … déplacée trois fois en dix jours, sa bonne humeur, …sa mauvaise humeur, la pluie, le beau temps des fois, ses barbecues qui ne vont pas toujours avec, ses bouts de bois, ses plus gros bouts de bois, ses très très gros bouts de bois, ses petits outils, ses plus gros outils, ses très très gros outils, son air comprimé qui fait rire le chien Hermès, et son karcher qui fait moins rire les artistes, enfin bref, Dan S. nous fait entrer dans son atelier. Ensuite, les artistes participants, que l’on apprend à connaître comme on peux entre deux coup de tronçonneuse en mangeant des saucisses, avec qui on discutent des souches, chacun son opinion, sa suggestion… Alors un dernier verre, un café, et puis tout le monde y retourne, avec encore une autre idée, qui fait peur à Dan… Enfin voilà, les journées passent très vite et sont rarement reposantes, mais toujours enrichissantes. La nuit tombée depuis longtemps, courbaturés, le ventre rempli de pâtes au gruyère, on s’endort au clair de la tour Eiffel dans les loges du parc, et l’idée de concours n’est qu’un grain de sable oublié par le marchand. 14. Wonsik HA, pas encore reçus 15.Gautier SIBILLAT : Une période de créativité rendue très agréable par la grande disponibilité de Dan, les échanges constant entre étudiants, la mise à disposition d’un matériel de haute qualité et à une organisation sans faille. Une réussite ! 16. Alexandre SUBERVILLE, La résidence à Saint-Cloud a été une bonne expérience de travail en commun. J'ai sculpté pendant plus de 3 semaines en reprenant le lendemain le travail de la veille car la souche était volumineuse. Auparavant mes réalisations se terminaient dans la journée. J'ai appris à utiliser de nouveaux outils. Travailler dans le domaine à l'air libre,c'est agréable et vivifiant,on se sent moins enfermé que dans un atelier. Je suis content d'avoir rencontré des étudiants qui s'intéressent à la sculpture sur bois et autres assemblages alors qu'actuellement cette pratique n'est pas mise en avant dans le domaine des arts plastiques. 17. Gérome MARTRECHARD CHIARETTO, Cela fut pour moi une expérience nouvelle. Une expérience intérieure et collective où nous étions chaque instant en échange avec la nature. Tous les jours, assis autour d'une table pour parler, débattre, manger et boire. Puis le travail venu, penser, observer, ressentir les choses et comme un certain monsieur me l'a avoué : "Il faut savoir instaurer un dialogue avec le matériau, et parfois, l'idée première s'efface, se métamorphose, laissant la place à une vision nouvelle". Tout cela, c'est avec grand plaisir que je l'ais vécu et avec grand plaisir que je le vivrai de nouveau. Merci pour tout Dan et a très bientôt merci à tous. 18. Felix PINQUIER, Christophe LEGENDRE, pas encore reçus 19. Florent LANOIS, Le cadre offert pour la réalisation des travaux était agréable (être à Paris et en forêt). J’ai trouvé, parmi les réalisations de projets une diversité de réponses (qu’elle était la question ?), un peu moins d’approches. J’ai ressenti du plaisir à observer, communiqué autour des différant projets dans leurs aspects technique, conception, propos en vue d’une monstration. Cela m’a permis d’apprécier la diversité (non comprise parfois), de rôder et d’alimenter un propos autour d’un travail sans le compromettre. 20. Séverine DOS-SANTOS : Travailler dans le Domaine national de Saint Cloud a été un bol d’oxygène et une réelle opportunité. Dan Sprinceana nous a ouvert son atelier et son cœur, comme un père très protecteur et toujours prêt à nous aider. Les jardiniers, le mécanicien, les électriciens… tout le personnel du Parc nous a beaucoup soutenu. Tous les éléments étaient réunis pour un processus de « fabrication » productif.
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