Mémoire de racines

Tempêtes de décembre 1999

destruction... renaissance ... une seconde vie !

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Mathilde CAMEIRAO

Sibel DIKER

L’Ecole Nationale Supérieure d’Arts - CERGY-PONTOISE

Professeur : Jean Pierre Guillaumot

Projet du départ - Impressions de la fin - Présentation des artistes

Reportage en photos sur l'évolution du projet

 

Projet du départ

"CONTREPOIDS"

L’arbre est, par sa structure et son enracinement, un symbole de sûreté et d’équilibre.. Il acquiert au fil des siècles une stabilité grâce à ses racines et ses branches.

La catastrophe de 1999, en s’attaquant aux arbres, a remis en question toute la notion de solidité. La violence du vent a montré une vision différente et démesurée des forces naturelles. C’est d’ailleurs pourquoi elle a tant marqué les esprits. L’arbre est l’image d’une masse érigée verticalement, principe masculin.

Les racines, masse souterraine et invisible, lui servent de socle. L’arbre abattu par la tempête s’effondre, l’image indestructible de l’arbre n’existe plus. Il ne reste plus que les racines, le socle enfoncé dans la terre : principe féminin.

Comment la durabilité de l’arbre a-t-elle pu être terrassée par la force de l’instant ?

Le sujet du concours « mémoire de souches » soulève donc les questions du temps, des énergies naturelles, du visible et du caché.

Il est important pour nous de travailler avec les racines de l’arbre, de suspendre ce qui est enterré, de montrer l’invisible, de libérer les racines de leur gangue de terre.

Le projet se présente sous la forme d’un circuit à parcourir, composé d’un alignement de cinq portiques en bois (2 m de haut et 2 m de large) et espacé de 2 m chacune.

Les planches de bois sont simplement vissées entre elles.

Afin d’assurer la stabilité, les montants verticaux sont pris dans un bloc de ciment qui est enterré dans le sol (à 40 cm). Ce système nécessite donc un lieu d’exposition en plein air et un sol meuble (terre). Il peut être modifié selon les sites et les contraintes liées à l’exposition.

La planche horizontale supportera les racines suspendues à une corde en chanvre naturel.

Les racines seront nettoyées de la terre qui les encombre mais ne seront ni traitées, ni brûlées afin qu’elles respirent et qu’elles gardent leur couleur naturelle.

A l’autre extrémité de la corde sera suspendu un sac de plastique transparent renfermant solidement de l’air.

Prendre une souche, la désosser de façon à ne garder que les racines cachées dans la motte de terre. Les couper de leur fonction principale, qui est de stabiliser et de nourrir l’arbre. Mettre ces racines là où elles ne sont pas à leur place, à savoir en l’air. Les suspendre à une corde comme des pendus. A l’autre bout, pour faire « contrepoids », des sacs transparents plein d’air, de vent emprisonné.

Le principe de l’installation vient des « Torii » japonais (en japonais : endroit où se tiennent les oiseaux), sorte de portiques en bois laqués de rouge. Ils se situent à l’entrée des temples et marquent la frontière entre espace profane et sol sacré.

Ce couloir de portiques en bois industrialisé crée un espace, un cheminement dans un espace « entre deux » ; un espace de frontière. C’est aussi l’espace d’une tentative de réconciliation entre l’arbre et le vent : une racine pour un souffle.

C’est toujours cette question de poids et d’équilibre, inhérente à toute sculpture, qui est ici truquée et détournée pour que le bois devienne aussi léger que l’air.

Selon la taille des racines, les ballons peuvent être plus ou moins gros, afin de jouer avec cette idée de balance (un gros sac d’air pour une grosse masse de racine).

Jeu de rythme et de hauteur : les ballons et les racines s’alternent, tantôt en haut, tantôt en bas, frôlant le sol. Parfois deux, trois ou quatre par portique, selon les dimensions des racines et de leur ampleur.

Enfin, ce projet pose la question de l’équilibre, du poids, de la légèreté et de la fragilité.

L’idée d’une sculpture à traverser remet en question la place du spectateur, qui sera invité non plus seulement à la regarder mais aussi à la parcourir et la toucher. Il y a donc un rapport physique du corps du spectateur à l’œuvre.

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Impressions de la fin

Cinq portiques en bois de 2 m sur 1m80, racines d’arbres de diverses essences suspendues à des cordes en chanvre, en contrepoids de chaque racine un ballon de baudruche translucide.

Longueur totale de l’installation : 10m.

A l’origine nous voulions tenter une réconciliation entre les arbres et le vent, dans ce conflit entre une énergie mobile et un élément fixe et vertical. Il y avait aussi cette volonté de dévoiler ce qui est caché d’habitude, ce qui est souterrain dans l’arbre, ce qui est imprévu, invisible : les racines. Le choix de travailler uniquement avec les souches, était le moyen de remettre de l’ordre sur ce qui n’en avait plus. La souche, une fois dégagée de la terre, prenait enfin forme, elle se dessinait. Nous voulions alléger cette masse dense de bois, alourdie encore par la gangue de terre qui la dissimulait, la rendre légère au-delà du vraisemblable, contre la gravité elle-même. Créer un équilibre factice, impossible, et néanmoins bien visible. Ces racines sont donc devenues aériennes, n’enracinant plus rien, pesant autant qu’un ballon, autant qu’un souffle.

Cette sculpture est le moyen de réintégrer l’air à l’arbre.

Nous avons conçu ce projet sans avoir l’expérience du travail sur bois, en tâtonnant donc quant aux questions d’assemblage et de solidité des portiques. Finalement la réalisation finale se trouve très proche de l’idée de départ, avec un minimum d’adaptation pour les contraintes techniques liées au site d’exposition.

Malgré notre désir de créer une installation « contre les lois de l’équilibre », ou peut-être d’ailleurs surtout à cause de cela, il nous a fallu trouver des astuces et des moyens les plus invisibles possibles pour que les portiques soient stables d’abord individuellement puis ensuite avec le déséquilibre racines/ballons. Cela nous a conduit à explorer les techniques de menuiserie, ce qui était une découverte par rapport à nos pratiques artistiques habituelles. Nous nous sommes donc confrontées à des matériaux durs et pesants, qui nous demandaient un investissement physique important, et qui résistaient parfois à nos efforts de les mettre en forme.

La sculpture, une fois finie (et montée dans notre cas), nous a donné le sentiment que l’ « arbre » avait été débarrassé de tout son poids et redessiné autrement. L’alignement des ballons donnait l’impression de flottement. La répétition de la forme (ronde et à différentes hauteurs) donnait un rythme visuel à la sculpture. Face aux portiques, la perspective accentuait l’idée de plein et de vide. Cette installation demande plusieurs points de vues : elle n’est pas évidente à observer.

Toute sculpture étant d’abord une question d’équilibre et de poids, il nous semblait intéressant de mettre cette question élémentaire au cœur de notre proposition, d’en faire un des aspects visibles du travail artistique au même titre que l’aspect symbolique du projet.

 

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Présentation des artistes

Sibel DIKER

née le 20-10-81 (Paris)

 

2004-2005

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4ème année à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris-Cergy

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Echange avec la CREPUQ au Canada (Montréal) (août 2004-janvier  2005)

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DNAP (Diplôme Nationale Supérieure d’Arts Plastiques) avec les félicitations du jury, Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy

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Garde Party, Paris, exposition des peintures et deux installations videographiques.

2000-2001

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Année préparatoire des ateliers des Beaux-Arts de glacière (Paris)

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Juillet 2000 : obtention du baccalauréat littéraire, option arts plastiques, Lycée Colbert (Paris XXème)

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Juin 1996 : obtention du Brevet des Collèges, Collège Edmond Michelet (Paris XIXème)

français et turc : bilingue

anglais : très bon niveau, parlé couramment

allemand : niveau scolaire

 

Centres d’intérêts : vidéo, cinéma, photographie, musique, sculpture

 

Mathilde Cameirao

Née le 16 novembre 1981 à Sisteron, Alpes de Haute Provence

 

1999

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Baccalauréat littéraire

1999 – 2001

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DEUG d’Arts Plastiques à l’Université de Picardie, mention assez bien :

2001 – 2002

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Ecole préparatoire Prép’art

2002 – 2004

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Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Cergy-Pontoise

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Obtention du DNAP avec les félicitations du jury

 

Interventions artistiques 

 

juillet 2003

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Stage d’art thérapie à l’UASA (Hopital P. Pinel, Amiens)

27 novembre – 21 décembre 2004

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Exposition collective au centre culturel et social Cerise « A vos souhaits ! »

décembre 2003 – avril 2004

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Interventions ponctuelles auprès des étudiants de l’école préparatoire Prep’art

de janvier à juin 2004

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Stage d’art thérapie au Centre Hospitalier de Pontoise dans l’atelier d’ergothérapie rattaché au service de psychiatrie

novembre 2004

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Exposition - concours « Mémoire de racines » parc de Saint-Cloud

 

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