Brancusi, hommage et héritage. Vu le succès
de la première opération "Mémoire de Racines", j'ai proposé en juin
2006 à M. Gilles Bonnevialle un deuxième projet, une manifestation
destinée à rendre hommage à cet immense artiste, à 50 ans de sa disparition.
Cette opération consistait à organiser un concours international de
sculptures (ouvert aux jeunes artistes européens), une exposition des œuvres
issues du concours, des conférences, tables rondes…
Fin
2006 il accepte le projet, c'est-à-dire, la prise en charge de
l'organisation du concours. Mais comme l'opération prenait alors une
"envergure européenne" M. Gilles Bonnevialle décide de prendre la "barre" du
management de ce projet !
J'étais ravi qu'une "équipe professionnelle" s'implique dans cette action
qui était assez ambitieuse.
Et, voilà comment les ennuis commencent !
Des réunions tournant en rond ; des décisions difficiles à prendre ;
documents, plaquettes,
règlements du concours, planning… réalisés avec beaucoup de retard ; les
invitations vers les écoles d'arts envoyées avec 3 mois de retard ; erreurs
dans la communication sur l’œuvre et la vie de Brancusi…
En février, comme l'opération avait été
officiellement lancée et une série de personnalités et institutions
européennes étaient déjà fortement impliquées (dates, budgets…), j'ai décidé
de m'investir personnellement dans la conduite du projet, comme pour la
première opération "Mémoire de racines".
Nous ne pouvions pas prendre le
risque de transformer ce projet en échec…
J'ai réussi à impliquer plusieurs partenaires et personnalités : Ambassade
de Roumanie, Délégation aux Arts Plastiques, Centre Pompidou, Soroptimist
(ONG Internationale), Free Band Production, Wolfcraft, Bosch, Stihl, Me.
Pierre Cornette de Saint-Cyr… Je les remercie infiniment.
Suite à mon engagement direct et surtout à
celui de Soroptimist auprès des écoles d'arts, nous avons commencé à avoir
de multiples inscriptions au concours. Des jeunes artistes de toute l'Europe
se sont engagés à se déplacer à Saint-Cloud, pour participer à cette
création, à cette commémoration,
avec des projets de grande qualité… et en plus à leurs frais ! Parfois ceci
représentait pour eux de véritables "fortunes" !
Entre temps je devais faire face à tout. Je me suis engagé auprès de chacun.
J'étais l'initiateur et porteur du projet, directeur artistique du concours.
Mais les décisions "officielles" appartenaient au producteur officiel, à
M. Gilles Bonnevialle, administrateur du Parc. J'avais besoin d’engagements surtout budgétaires,
institutionnels… Je recevais des appels de toute l'Europe, des mails, des
demandes de la part des partenaires… Comment y répondre ?
Aucun contact avec l'administrateur depuis plus d’un mois, il ne répondait
ni à mes appels téléphoniques, ni à mes mails, ni à mes courriers. Laxisme
total. Un sacré partenaire !
A
deux semaines du démarrage de la résidence d'artistes rien n'était décidé :
mon contrat de travail toujours pas signé (je travaillais gracieusement
depuis plus de six mois), l'appartement destiné à l'hébergement des artistes
non préparé (il a été complètement aménagé deux semaines après l'arrivée des
participants), matériel non commandé, signalétique inexistante… Grande
panique !
Caprice d'arrêter une opération bien engagée.
A 5 jours du démarrage de la résidence d'artistes, M. Gilles
Bonnevialle veut tout
arrêter. Motif invoqué : manque de financement ! Je ne pouvais pas croire
que les crédits relatifs à ce concours n'avaient pas été inscrits dans son
budget 2007 conformément aux termes de ses multiples
engagements, et cela depuis 2006.
Les
dates de la résidence d'artistes avaient été fixées entre le 1 juin et 31
juillet 2007. Dans la programmation, les 17 participants sélectionnés
avaient déjà réservé leurs billets d'avion (AR). L’Ambassade engagée, les
partenaires également... Difficile de revenir en arrière.
J'ai été obligé de prendre en urgence un rendez-vous avec M Henri Paul,
Directeur du cabinet du Ministre de la Communication pour trouver une
solution. En deux jours tout a été débloqué ! Je l’en remercie encore.
Mais M. Gilles Bonnevialle, très irrité par mon intervention, énervé par ce
rappel à l’ordre, peut-être parce qu’il se voyait dépourvu du “leadership”
et par orgueil sans doute, a continué à mettre des "bâtons" dans les roues
de ce beau projet.
Manque d'intérêt à la création-même. M.
Gilles Bonnevialle a
montré un mépris total envers les partenaires de cette opération, surtout
avec Soroptimist (ONG) partenaire principal, envers les artistes-mêmes... Il
ne s'est pas déplacé une seule fois sur le lieu de création pendant les deux
mois de résidence, pour voir les sculptures réalisées ou au moins pour
remercier les participants de leurs efforts… pour remercier le partenaire
principal Soroptimist pour son implication quotidienne. Pourtant son
bureau et son domicile n’étaient qu'à 3 minutes de l'atelier !
Manque d'engagements opérationnels. M.
Gilles Bonnevialle n'a
rien organisé de ce qui était à sa charge : ni la signalétique, ni
l'information locale dans le Domaine, ni les conférences sur Brancusi, ni
les tables rondes, ni les ateliers pédagogiques, ni les portes ouvertes…
actions qu’il s'était pourtant engagé à mener, attestées par tous les
documents écrits.
Mépris total envers les habitués et visiteurs du
Parc de Saint-Cloud, envers les municipalités voisines. Personne
n’était au courant qu’il y avait une résidence d’artistes, une création, un
hommage à Brancusi...
Gâchis financier et inefficacité totale dans la
communication. M. Gilles Bonnevialle a imposé par écrit sa
volonté de s'occuper en exclusivité de la communication. Et il l’a fait !
L'attachée de presse embauchée par lui-même pour un budget de 9 000 euros,
n'a jamais daigné venir à l'atelier pendant la résidence d'artistes, malgré
mes sollicitations fréquentes.
Pourtant il y avait assez de matière pour intéresser les médias : 17
artistes de nationalités différentes, tous les jours, de 8h00 à 22h00,
pendant deux mois, s'affairaient avec des tronçonneuses, des scies, des
meuleuses… pour passion pour l’art, pour leurs œuvres et pour ce grand
bonhomme que fût Brancusi...
Le désert médiatique : aucun journaliste
présent au lancement de l'opération (16 mars 2007) et aucun journaliste au
vernissage de l'exposition (14 septembre), donc aucune retombée de presse !
Site internet "design" pour faire joli.
M. Gilles Bonnevialle a décidé d'allouer 3 000 euros au développement d'un site internet, qui
n'a jamais été mis à jour, pas de nom de participants, pas un mot sur leurs
projets, aucune image de leurs réalisations, rien sur l'ambiance de la
résidence, sur les résultats du jury… 3 000 euros qui n'ont servi à rien !
Total : 12 000 euros fichus en l'air !
Quel gâchis ! Quand je lui ai fait la remarque il m’a répondu, je cite :
“pour l’administration c’est rien, avec cette somme on ne peut même pas
faire un petit cocktail” !
J'ai décidé de m'occuper seul de la création et de l'entretien d'un site
internet. Il le fallait, pour les artistes, pour les partenaires, pour le
public... Résultat : tout ce qui se passait à la résidence d'artistes, était
mis chaque nuit en ligne pour le bonheur de quelques 700 visiteurs/jour !
Toute cette aventure artistique et humaine a été filmée, toujours par Free
Band Production, mon partenaire. Mais faute de financement et en conséquence
du désintéressement total de l'administrateur, le film n'a pas été monté : 4
semaines de tournage pour rien !
La réussite. Après deux mois de
résidence d'artistes, 15 à 16 heures de travail par jour, stress, angoisses…
je suis tout de même parvenu à mener cette deuxième opération à bien :
œuvres de grande qualité (reconnues par tous les membres du jury présidé par
Me Pierre Cornette de Saint-Cyr), une courte mais réussie exposition des
œuvres issues du concours, une table ronde avec de grands spécialistes
internationaux sur Constantin Brancusi, une exposition de photos sur l'œuvre
du maître… à l'Ambassade de Roumanie (5 000 visiteurs). Un grand
remerciement pour toute l’équipe de l’Ambassade.
L’Ego du Prince. J'ai proposé 7-8 membres
pour constituer le jury, la liste a été rejetée avec condescendance par
M. Gilles Bonnevialle car "ils n'étaient pas à la hauteur d'un tel
événement". Ils ont tout de même été tous sollicités la veille de la remise
des prix à défaut de trouver de vraies “stars“! Paradoxe, maintes fois pour
justifier son “retrait” il considérait que Brancusi n’était pas assez
porteur… Mais pourquoi donc s’était-il engagé ?
Non rentabilisation de l'investissement.
J'ai proposé à M. Gilles Bonnevialle d'organiser à la suite de
l'exposition à l'Ambassade, une exposition dans le Domaine même, afin de
donner au public en général et aux habitués du parc en particulier la
possibilité de voir ce qui a été créé dans le même domaine deux mois
auparavant.
Le
coût de cette exposition complémentaire était minime : le transport retour
était déjà réglé, l'affiche était déjà réalisée, la signalétique pédagogique
déjà fabriquée…
Je
suis convaincu que cette opération aurait pu faire venir 10 000-20 000
visiteurs. Quelle opération culturelle organisée par le domaine peut
afficher un si grand nombre de visiteurs ? Sa réponse fût sans réfléchir,
négative. Quel gaspillage et tout cela uniquement par rancune !
Un grand événement transformé en non-événement.
Avec un peu de volonté et de professionnalisme de la part de
M. Gilles Bonnevialle, organisateur institutionnel, nous aurions pu réaliser un
très bel hommage à cet immense artiste. Constantin Brancusi qui, a légué 60%
de son œuvre à la France, méritait bien plus d’égard.
De
plus le Directeur Général du CMN me reproche dans une de ses courriers, suite aux influences et pressions de
M. Gilles Bonnevialle, que “...les retombées, tant vis-à-vis des publics que
médiatiques de l’opération Brancusi ont été décevantes...”
A qui la
faute ? Dommage que l’on opte pour l’incompétence et la mauvaise volonté.
Demande d’une concession, restée vaine pour
l’instant. Je me suis porté candidat pour une concession de ce
lieu que j’ai développé, en prenant moi-même en charge, via une association,
le fonctionnement de cette structure, complètement autonome, sans aucun
engagement financier de la part du Parc. Dans une telle perspective le
Domaine pourrait en retirer des retombées médiatiques et fortifier son image
! Ma candidature auprès de la présidence du Centre des monuments nationaux,
reste à ce jour sans réponse !
De
plus, dans le schéma de développement de la " Vallée de la Culture " de Val
de Seine, les souhaits du Président de la République et du Président des
Hauts de Seine seraient de transformer ce parc en Parc de Sculptures.
Maintenant que l'édifice commence à se construire, M. Gilles Bonnevialle
veut "virer" le sculpteur, tout simplement ! Il a même réussi à convaincre
sa hiérarchie, quelle ténacité.
Effectivement par corporatisme
Madame Isabelle Lemesle, la Présidente du Centre des Monuments Nationaux, a
fait déjà une affaire personnelle "l'expulsion de Dan Sprinceana" !
Je me pose la
question pourquoi l’administration a du mal à reconnaître les compétences,
les qualités et les motivations des personnes qui veulent réussir de bons
projets sans être obligé d’être membre d’une « nomenklatura
ministérielle », du sérail administratif. Est-ce que seuls la passion, le
sérieux, le professionnalisme sont des éléments suffisants pour réussir dans
notre pays ?
PS. Je tiens à renouveler mes
remerciements à toute l'équipe d'agents du domaine (jardin, technique, sécurité,
régie) avec qui j'ai tissé depuis 8 ans des relations courtoises,
professionnelles et avec beaucoup, d'amitié….