Valeurs, qualités,
compétences... plaisirs et désirs.
Né à Bucarest, moniteur de ski et de tennis dans ma première jeunesse, bac+5,
ensuite, j'ai passé une grande partie de cette époque roumaine, jusqu'à
mes 29 ans, dans les Carpates, en symbiose complète avec la nature, comme
organisateur de chasse "gros gibier"
pour les étrangers les plus fortunés.
En totale contradiction avec la Sécuritate, la police du sinistre renommé Ceaucescu
et avec ce système totalitaire-communiste du moment, j'ai
décidé de trouver une “terre de liberté".
Le 10 octobre 1976, j'ai tenté de m'échapper en traversant le Danube à la nage
vers la Yougoslavie, le seul voisin à ne pas être prosoviétique. Attrapé, j'ai
été emprisonné sur-le-champ !
Me retrouvant dès le 1er soir derrière les barreaux, je pensais que le monde
entier s'effondrait. Je n'oublierai
jamais cette grande porte avec son “oeil” pour surveiller le moindre mouvement
de l'intérieur, qui refermait mon monde et me plongeait dans un autre. Je
n'avais alors jamais envisagé qu'un jour cela pouvait m'arriver. Nous étions
trois à avoir préparé cette évasion, nous avons pensé à tous les détails, un
seul nous a échappé et bien entendu, il nous a été fatal !
J'ai survécu sept mois (condamné à un an). Et, avec le temps… je ne regrette
absolument rien ! J'ai appris beaucoup sur l'homme et sur la vie en général
pendant cette période. La prison m'a fortifié de l'intérieur.
Une des leçons apprises : regarde et comprends les gens comme ils sont et non
pas comme ils apparaissent, et applique cette règle pour toi aussi ! Là-bas, il
n'y avait aucun signe de "richesse", ni montre, ni bijou, ni même de vêtements
personnels. On était tous égaux de ce côté-là… 40 à 50 personnes dans une
cellule, uniquement "décorées" de nos seules personnalités, de nos vrais
caractères… Et il fallait vivre des mois et des mois ensemble !
Pendant cette période, j'ai perdu ma mère d'une maladie fulgurante et à Bucarest
un catastrophique tremblement de terre m'a enlevé ma sœur, en même temps que
toute sa famille (ses deux enfants et son mari). Je n'ai même pas été autorisé à
assister à leurs obsèques ! Pour les vrais criminels, une sortie de prison dans
ces circonstances était possible, mais pas pour les prisonniers politiques !
Pourquoi toute cette souffrance ? Pourquoi cette privation de liberté ?
Paradoxalement : pour être libre. Une valeur pour laquelle je me suis battu
toute ma vie et je continuerai toujours à me battre.
Après la 1re tentative d'évasion, donc après sept mois de prison et 28 séances
de "conditionnement mental" pour devenir un bon "patriote", un bon "communiste",
je n'étais pas encore "guéri" ! La liberté me manquait !
Quatre semaines après, j'ai osé une deuxième tentative. Et, rebelote… à nouveau
emprisonné ! Mais pas pour longtemps, cette fois-ci. Ceausescu, le Génie des
Carpates, qui préparait son intervention pour la Conférence internationale des
Droits de l'homme de Belgrade, a ordonné que tous les emprisonnements et
jugements de cette nature soient reportés après la Conférence ! Un acte de
"bonne volonté" pour tromper de nouveau les Grands de ce monde : voyez-vous,
chez nous il n'y a pas de prisonniers politiques !
Toujours pas "guéri" et avant la Conférence… un 3e essai. Avec succès ! Le 12
août 1977 à 15 h 20, après avoir échappé aux balles de Kalachnikov des gardes
frontières roumains, j'ai embrassé, enfin, le sol yougoslave, comme symbole de
liberté.
Pour anecdote, à l'époque, on pratiquait la chasse à l'homme sur la frontière :
pour chaque Roumain qui voulait s'échapper, vivant ou mort, le militaire
recevait une semaine de congé ! Et croyez-moi, il y avait de la concurrence :
gagner le trophée de nombre “d'unités stoppées” ! Donc, ils tiraient souvent
sans sommation ! Seule la semaine de congé gratifiait ! Peut-être aurai-je
l'occasion, un jour, de vous raconter toute cette expérience, plus en détails.
Après avoir traversé à pied, sans argent et sans papiers, une partie de l'Europe
et effectué de courts séjours en Allemagne puis aux Etats-Unis, j'ai finalement
opté pour la France.
J'ai réalisé des opérations événementielles avec Ilie
Nastase (à l'époque de sa gloire tennistique) avec Adriano Panata, Guillermo
Vilas… puis des actions de même nature dans le golf.
En passant par commercial, directeur de société, entrepreneur, organisateur en
relations publiques, consultant en RH… mon rythme de travail a toujours été :
“les 35h en 2-3 jours" !
Travail, motivation, détermination… valeurs et qualités qui définissent mes
engagements !
Les journées à la campagne jouant aux échecs avec mes amis ou s'amusant avec les
enfants sont pour moi aussi précieuses. L'amitié et la famille sont encore deux
valeurs auxquelles je tiens énormément.
J'ai écrit deux ouvrages, dont le dernier "Mieux organiser sa vie", éditions
Maxima, est actuellement en librairie.
Mais mon cœur
reste toujours tourné vers la création artistique et événementielle.
Effectivement, depuis quelques années, je me suis consacré à la sculpture et à
l’organisation des concours et des expositions. Les opérations « Mémoire de
racines » et « Brancusi, hommage et héritage » témoignent de cette
passion.
Mémoire de racines / Mémoire
d'un réfugié !
Actuellement je suis en train
d'écrire un livre sur ma "période roumaine", les tentations d'évasion, voici
un
petit récit